Les billets d’abandon
février 15, 2011 by admin
Filed under Blog voyance, Cartes
À côté de la grande porte de l’hôtel-Dieu à Marseille, se trouvait une sorte de « passe-plat » en bois qui permettait aux mères de déposer dans l’anonymat et en toute sécurité leurs bébés, pour qu’ils soient pris en charge par les membres de la congrégation religieuse de l’établissement. Les bébés abandonnés portaient souvent des bijoux, des rubans, des boutons, des broderies qui indiquaient pour beaucoup d’entre eux le milieu d’origine aisée et de fait le caractère illégitime des naissances. Des billets émouvants, mais aussi des marques de protection tel un scapulaire avec l’image de la vierge des Carmes ou un texte de l’Évangile accompagnaient les bébés. Parfois, des cartes à jouer étaient jointes soit entières, liées à des rubans, soit en une moitié. Dans ce cas, la carte à jouer devient un symbole car plus que des adieux, elle témoigne de l’espoir des retrouvailles.
De 1780 à 1850, mille enfants par an sont ainsi abandonnés à l’Hôtel-Dieu de Marseille. Ce nombre atteint 7 000 par an à Paris durant la période qui précède la Révolution.
Dès le 17ème siècle, l’abandon des enfants constitue un véritable fléau en France. Au 18ème siècle, la situation empire. La progression des abandons est due à la misère des classes populaires ainsi qu’au développement des naissances illégitimes lié à la liberté des mœurs qui caractérise ce siècle. Vers 1800, plusieurs villes mettent en place des tours d’abandon. Il s’agit d’un guichet tournant installé dans la façade des hospices. Instrument anonyme d’abandon, le « tour » sera officiellement légalisé en 1811 dans un but de protection de l’enfant et de lutte contre l’avortement. Vers 1830, on compte près de 250 tours en France. Ils disparaîtront petit à petit, et seront supprimés en 1863. Le « Tour » sera remplacé par un Bureau des admissions, ouvert 24h sur 24. Les mères y sont introduites séparément et interrogées sans témoins par un employé. Celui-ci s’efforce de faire comprendre à la mère la gravité de son acte. Il l’encourage à garder son bébé en lui offrant un secours en argent ou en nature (nourrices, layettes). Le bulletin de naissance de l’enfant est la seule pièce exigée pour l’abandon.
Ecrit par: ”J” pour Jara
Source : Cartes à jouer et tarots de Marseille, la donation Camoin, Musées de Marseille ; Myriam Provence – Les enfants abandonnés et les enfants naturels : histoire, sources et
Méthodes de recherche ; L’assistance publique et les hôpitaux de Paris.


Très bel article Jara,
), mais quand l’enfant n’est pas désiré dans certaines circonstances, mieux ne vaut pas qu’il vienne en vie, non ?? Je sais aussi que seul Dieu décide de ces choses là….. Bonne journée à vous.
Denis